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Ya-t-il le pardon des péchés dans les sacrements – baptême ou sainte communion?

Y a-t-il pardon des péchés dans les sacrements – le baptême ou la Sainte Communion ?

Beaucoup enseignent qu’une personne naît de nouveau et devient acceptable à Dieu par le baptême ou la sainte communion. Celui qui enseigne cela a une compréhension de la foi différente de celle de l’apôtre Paul.

Paul a enseigné de la même manière que Jésus

L’apôtre écrit aux Corinthiens : « Car le Christ ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l’Évangile » (1 Corinthiens 1, 17). Il est évident que Paul fait référence à ces paroles de Jésus : « Je t’ai choisi du milieu de ce peuple et des non-Juifs, vers qui je t’envoie. Je t’envoie leur ouvrir les yeux pour qu’ils passent des ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu, pour qu’ils reçoivent, par la foi en moi, le pardon des péchés et une part d’héritage avec les saints. » (Actes 26, 17-18). En effet, bien que le baptême soit souvent mentionné en lien avec la repentance, Jésus ne le mentionne pas du tout lorsqu’il envoie Paul.

Mais le pardon des péchés se trouve-t-il donc dans la sainte Communion (où la Sainte Cène, comme elle est appelée plus couramment dans l’Église protestante) ? S’il en était ainsi, Paul l’aurait certainement mentionné lorsqu’il a raconté ce que Jésus lui avait enseigné au sujet de la Sainte Cène : « En effet, j’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai transmis. Le Seigneur Jésus, la nuit où il a été arrêté, a pris du pain. Après avoir remercié Dieu, il l’a rompu et a dit: « Prenez, mangez. Ceci est mon corps qui est rompu pour vous. Faites ceci en souvenir de moi. » De même, après le repas, il  prit la coupe et dit: « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang. Faites ceci en souvenir de moi toutes les fois que vous en boirez. » En effet, toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne. » (1 Corinthiens 11, 23-26).

Comme vous pouvez le constater, selon la compréhension de Paul, la Sainte Cène a lieu uniquement en mémoire  de Jésus. Il ne fait aucune référence à la Sainte-Cène comme moyen de pardon des péchés. Selon l’Évangile de Matthieu, Jésus lui-même a dit : « Car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui est versé pour beaucoup, pour le pardon des péchés. »  (Matthieu 26, 28). Lui non plus n’a pas dit que l’absolution elle-même est donnée dans la Sainte Cène, mais il faisait référence à sa mort à venir, qui rendrait le pardon possible. En mémoire de cela, il a exhorté ses disciples à manger le pain et à boire le vin. Il leur a donné le pouvoir de pardonner les péchés dans un autre contexte, mais seulement après avoir expié les péchés de l’humanité (Jean 20, 22-23).

Sacrement, moyen de grâce

La doctrine chrétienne enseigne les moyens de grâce, qui sont la Parole et les sacrements. La Parole est la Parole de Dieu écrite dans la Bible. Cette Parole Jésus a envoyé ses disciples proclamer. Elle a deux tranchants : la loi et l’évangile (Hébreux 4, 12). La Loi éveille une personne à prendre conscience de son état de péché. L’Évangile, quant à lui, crée la foi et pardonne les péchés de la personne repentante (1 Pierre 1, 23-25). Dieu éveille donc une personne pécheresse par sa loi et la sauve par l’évangile reçu par la foi – et non par les sacrements.

Mais quelle est alors la signification du sacrement ? Le mot « sacrement »ne se trouve pas dans la Bible anglaise, par exemple, mais le concept y est néanmoins fortement biblique. Le mot « sacramentum » dans la Bible latine est la traduction du mot grec original « mysterion », qui signifie « secret » (par exemple Ephésiens 5, 32). Il indique que les sacrements représentent le mystère de la foi, que nous ne pouvons pas entièrement comprendre. Puisqu’ils ont été institués par le Christ, nous les abordons avec la timidité et l’humilité d’un enfant.

L’Église catholique romaine compte sept sacrements. Au cours de la Réforme, le nombre de sacrements est devenu un sujet central de discussion. La position du réformateur Martin Luther (1483-1546) et de ses amis était que les sacrements devaient être des actes fondés sur les commandements de Dieu. Sur cette base, ils ont conclu que seuls le baptême et la sainte Communion étaient des sacrements. Selon cette conception, les sacrements sont des actes sacrés de la congrégation, institués non  par des hommes ou par l’Église, mais par Jésus Christ lui-même.

La signification spirituelle des sacrements

Dans les sacrements, la Parole de Dieu est unie à la matière visible : l’eau dans le baptême, le pain et le vin dans la sainte communion. Dans les deux cas, le Christ lui-même est présent et partage sa grâce avec nous à travers des éléments visibles (Catéchisme de l’Église Évangélique Luthérienne de Finlande). L’association de la parole de Dieu à des éléments concrets a pour but de nous assurer sans cesse de la réalité de la grâce de Dieu envers nous.

Les sacrements ne sont pas censés être de simples signes extérieurs de la foi, mais plutôt des signes et des témoignages de la volonté de Dieu pour nous. Leur usage exige la foi, ils sont donc correctement utilisés lorsqu’ils sont reçus dans la foi, afin de la fortifier.

Parlant de la signification du sacrement, Luther affirme qu’il n’y a pas de grande différence entre les sacrements de l’Ancien et du Nouveau Testament. Si nous comparons la circoncision dans l’Ancien Testament au baptême, le sacrement correspondant dans le Nouveau Testament, nous pouvons voir que dans les deux cas, le sacrement est lié à l’alliance entre Dieu et son peuple, et à la promesse faite à ce sujet.

Dieu a institué le sacrement comme un signe pour nous rappeler sa promesse. Dans les alliances de l’Ancien et du Nouveau Testament, la promesse de Dieu vient en premier, suivie de la foi, qui s’attache à la promesse. Vient ensuite le signe qui soutient et confirme cette foi. C’est pourquoi Luther affirme que les sacrements « ne s’accomplissent pas en les faisant, mais en croyant en eux ». Selon lui, ils ne contiennent pas « la puissance qui rend juste » et ne sont pas non plus des « signes qui affectent la grâce », mais ils « donnent la grâce sûrement et efficacement quand il y a une foi inébranlable ».

À qui appartiennent les sacrements ?

Comme nous l’avons vu plus haut, selon Luther, les sacrements ne profitent pas aux non-croyants. Le manque de foi est l’obstacle le plus néfaste et le plus persistant à la grâce. « Le Christ dit :Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné.Il montre ainsi que la foi est si essentielle aux sacrements qu’elle peut sauver même sans le sacrement. C’est pourquoi il n’a pas voulu ajouter :Celui qui ne croit pas et qui n’est pas baptisé”. » (Luther : De la captivité babylonienne de l’Église).

Selon l’Apologie de la Confession d’Augsbourg, il est très important de comprendre la manière dont les sacrements sont utilisés. Il est impossible de penser « que nous sommes rendus justes par un culte extérieur sans un véritable état de cœur, à savoir la foi ». Paul rejette également cette idée et enseigne qu’Abraham n’a pas été justifié par la circoncision, mais que la circoncision était un signe donné comme expression de la foi. « En effet, nous disons que la foi d’Abraham lui a été comptée comme justice. Quand a-t-elle été portée à son compte? Etait-ce après ou avant sa circoncision? Ce n’était pas après sa circoncision, mais bien alors qu’il était incirconcis. Et il a reçu le signe de la circoncision comme le gage de la justice qu’il avait obtenue par la foi alors qu’il était incirconcis. » (Romains 4, 9-11).

Ainsi le bon usage des sacrements exige la foi. Selon Jésus, la foi vivante déplace les montagnes et vainc le monde. Pourtant, le croyant ne se sent pas fort. Sa propre foi est faible et il est envahi par le doute. Mais personne ne doit penser que le sacrement ne lui appartient pas à cause de sa faiblesse ou de ses doutes. Il appartient précisément au croyant faible. Par le sacrement, Dieu veut renforcer notre foi et montrer que ses promesses sûres sont valables.

Quelques mots sur le baptême

Le baptême est fondé sur l’Ordre de baptiser que Jésus a donné aux siens avant de monter au ciel : « Allez donc, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit et enseignez-leur à mettre en pratique tout ce que je vous ai prescrit. » (Matthieu 28, 19-20). Il est important de noter que le commandement de baptiser inclut également l’enseignement.

Certains enseignent qu’une personne ne devrait être baptisée que lorsqu’elle a une compréhension suffisante des questions de foi. Cet enseignement est basé sur la raison humaine. La foi n’est pas basée sur la compréhension, mais chaque nouveau-né appartient à Dieu et chacun d’eux possède la foi salutaire. Dieu a dit à Jérémie : « Avant de te former dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et avant que tu naisses, je t’avais consacré, je t’avais désigné prophète pour les nations. » (Jérémie 1, 5).

Le baptême est le signe de la nouvelle alliance entre Dieu et l’humanité, et il rappelle à ceux qui se sont engagés dans cette alliance qu’ils doivent s’efforcer de conserver leur foi et leur bonne conscience (1 Tim. 1, 19). Pierre l’exprime ainsi : « C’était une figure: nous aussi maintenant, nous sommes sauvés par un baptême qui ne consiste pas dans la purification d’une impureté physique, mais dans l’engagement d’une bonne conscience envers Dieu. Il nous sauve à travers la résurrection de Jésus-Christ » (1 Pierre 3, 21).

Pierre ne veut pas dire que c’est l’administration du sacrement qui sauve, mais plutôt la foi dans l’alliance dont le baptême est le signe. Le sacrement du baptême est le signe de l’alliance que Dieu a conclue pour que les hommes reçoivent le pardon de leurs péchés. Une personne qui, en tant que partie à cette alliance, a reçu le pardon de ses péchés, est sauvée. Si elle méprise l’alliance, dont le baptême est le signe, elle méprise le Christ et ne sera pas sauvée. Cependant, l’alliance est plus importante que son signe extérieur : si une personne croit mais ne peut pas être baptisée, elle sera néanmoins sauvée.

Malheureusement, la plupart des gens, en grandissant, perdent la foi et la bonne conscience et rompent l’alliance. Cependant, il est possible de la réparer en s ‘humiliant par la repentance et en croyant en l’absolution prêchée depuis le royaume de Dieu.

Quelques mots sur la Communion

La Communion est un repas du souvenir de Jésus, pris pour confirmer la foi. Dans le catéchisme de Svebilius, elle est présentée sous la forme de questions et de réponses : « Qui est un convive convenable et acceptable pour la Cène du Seigneur? Seulement les croyants, que leur foi soit faible ou forte, pourvu qu’elle soit vraie et vivante. Qui n’est pas un invité convenable pour la Cène? Quiconque n’a pas une foi vivante en Jésus, son Sauveur ».

Selon l’Ancien Catéchisme, lorsqu’un enfant de Dieu va à la Sainte-Cène, il ressent de la tristesse et le poids de son état de péché. Il veut éliminer les obstacles à la foi, ses péchés, et entendre personnellement la bénédiction de l’Évangile. Ses péchés ne sont pas pardonnés lors de la Sainte-Cène, pas plus que ceux d’un non-croyant, mais Dieu a établi dans son royaume le ministère de la prédication par lequel l’homme est libéré de ses péchés par le Saint-Esprit.

La Sainte-Cène sert cependant cet Évangile merveilleux et précieux. En s’installant à la table de communion et en recevant le corps et le sang de Jésus dans le pain et le vin, un enfant de Dieu peut croire, comme un enfant, que ses péchés sont pardonnés. Ce don, il le possède par la foi au nom et au sang de Jésus dans l’Évangile qu’il a entendu. Il appartient à la famille de Dieu et participera un jour à la Grande Sainte Cène au ciel.

Auteur : Antti Halonen

Image : Juha Humalajoki, Crédits : SRK

Kingdom of Peace | Pardon des péchés au nom de Jésus
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