« C’est pourquoi, comme le dit le Saint-Esprit, aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre cœur » (Hébreux 3, 7-8).
Que signifie « l’endurcissement » ?
L’exhortation de l’auteur de l’épître aux Hébreux, « N’endurcissez pas votre cœur », s’adresse à l’origine aux croyants. Elle avertit les croyants de ne pas ignorer ou rejeter la voix de Dieu, que l’on entend dans l’Église de Dieu ou dans le cœur d’un croyant. Cependant, cet encouragement pourrait tout aussi bien s’adresser à un non-croyant qui commence à ressentir l’appel de Dieu. Lui aussi peut endurcir son cœur et rejeter ainsi l’appel de Dieu à être pardonné. L’état d’endurcissement est parfois appelé « la paix de l’endurcissement », car dans cet état, le péché ne trouble plus la conscience de la personne.
La doctrine chrétienne de notre Eglise enseigne la condition d’ insouciance ou de l’indifférence, l’appel de Dieu, le temps de la visite et le rejet de l’appel de Dieu :
« Si, après le baptême d’un enfant, le Saint-Esprit n’a pas l’occasion de prendre soin de lui dans la communion du Christ, l’esprit du monde conquiert son cœur. Il n’éprouve qu’un vague désir de Dieu et de l’éternité. Il ressent certes le vide de sa vie et, de temps à autre, le péché le tourmente ; mais il ne comprend pas que le plus important pour lui serait le salut de son âme. Cet état est appelé absence de tristesse.». (Catéchisme de l’Église Évangélique Luthérienne de Finlande)
Jésus a raconté une fois à ses auditeurs une parabole sur un homme dont le cœur était attaché aux richesses temporelles. L’esprit du monde s’était emparé de son cœur et il avait perdu la vie éternelle. Jésus continuait: « Mais Dieu lui dit: ‘Homme dépourvu de bon sens! Cette nuit même, ton âme te sera redemandée, et ce que tu as préparé, pour qui cela sera-t-il?’ Voilà quelle est la situation de celui qui amasse des trésors pour lui-même et qui n’est pas riche pour Dieu.» (Luc 12,16-21).
Une personne insouciante qui met tout son espoir dans les choses temporelles est, en fin de compte, déplorable (1 Corinthiens 15, 19). Le prophète Amos a pleuré: « Malheur à ceux qui vivent tranquilles dans Sion et en sécurité sur la montagne de Samarie » (Amos 6,1).
Le temps de la visitation – le temps où Dieu appelle
La foi ne vient pas de l’intérieur d’une personne, quelle que soit sa volonté. Cependant, même dans la vie d’une personne qui vit à l’écart de Dieu, il y a des moments où Dieu l’attire particulièrement. « Personne ne peut venir à moi, à moins que le Père qui m’a envoyé ne l’attire » (Jean 6, 44). Dieu peut réveiller une personne insouciante et pécheresse à travers la souffrance, les épreuves de ses proches, mais souvent à travers sa Parole.
Un tel moment est appelé le temps de la Visitation. L’apôtre Paul avait écrit à la congrégation de Corinthe : « Puisque nous travaillons avec Dieu, nous vous encourageons vivement à ne pas accueillir la grâce de Dieu sans résultat. En effet, il dit: Au moment favorable je t’ai exaucé, le jour du salut je t’ai secouru » (2 Corinthiens 6, 1-2).
Le plus souvent, Dieu nous appelle déjà dans notre jeunesse. « Souviens-toi de ton créateur durant ta jeunesse, avant l’arrivée des jours mauvais, avant d’atteindre les années où tu diras: « Je n’y prends aucun plaisir. » (Ecclésiaste 12,1). Mais à d’autres moments aussi, on peut sentir que le royaume de Dieu est tout proche, à portée de main. Il vaut alors la peine de saisir l’occasion, car elle peut passer rapidement. Ésaïe a enseigné : « Cherchez l’Eternel pendant qu’il se laisse trouver! Faites appel à lui tant qu’il est près! » (Ésaïe 55, 6).
Le rejet de l’appel
Avec la puissance de Dieu, l’homme peut accepter l’appel divin, mais cela n’est pas toujours le cas. À cause de sa nature pécheresse, l’homme ne peut que rejeter cet appel. Il présente alors toutes sortes d’excuses pour éviter de s’exposer à la lumière de la face de Dieu. Ainsi, il s’enfonce de plus en plus profondément dans l’indifférence et endurcit son cœur.
Vous souvenez-vous de la façon dont Jésus a pleuré sur le destin de Jérusalem ? Luc raconte : « Quand il approcha de la ville et qu’il la vit, Jésus pleura sur elle et dit: « Si seulement tu avais toi aussi reconnu, aujourd’hui, ce qui peut te donner la paix! Mais maintenant, cela est caché à tes yeux. Des jours viendront pour toi où tes ennemis t’entoureront d’ouvrages fortifiés, t’encercleront et te serreront de tous côtés. Ils te détruiront, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le moment où tu as été visitée.» (Luc 19, 41-44).
L’ennemi des âmes, lui, s’accroche fermement aux siens: « En effet, toute personne qui fait le mal déteste la lumière, et elle ne vient pas à la lumière pour éviter que ses actes soient dévoilés. » (Jean 3, 20)
Qu’est-ce qui peut conduire un croyant à s’endurcir ?
La désobéissance continue à la parole de Dieu, c’est-à-dire le fait de commettre des péchés et d’ignorer la voix de la conscience, conduit à l’endurcissement du cœur du croyant et à sa séparation d’avec Dieu. L’amour du monde est un péché typique qu’une personne peut ne pas considérer comme tel.
Jean écrit : « N’aimez pas le monde ni ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui. En effet, tout ce qui est dans le monde – la convoitise qui est dans l’homme, la convoitise des yeux et l’orgueil dû aux richesses – vient non pas du Père, mais du monde. Or le monde passe, sa convoitise aussi, mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement. » (1 Jean 2,15-17). C’est pourquoi Jésus a dit à plusieurs reprises : « Veillez en foi! ».
Les déceptions de la vie peuvent également contribuer à l’endurcissement. Si tout ne se passe pas comme prévu, des doutes peuvent surgir et on peut se sentir abandonné par Dieu.On n’est plus capable de voir les épreuves comme une manifestation de la sollicitude de Dieu. Le cœur peut être rempli d’amertume, d’une attitude exigeante envers Dieu ou d’indifférence. En fin de compte, cela peut conduire à l’endurcissement du cœur et à la perte du don de la foi. L’insouciance et le manque de vigilance éloignent une personne du royaume de Dieu et de l’unité mutuelle des croyants.
Dieu appelle tous les hommes. Il veut que tout le monde soit sauvé. Cependant, un individu peut décider lui-même de ne pas obéir à l’appel de Dieu. S’il refuse d’accepter la grâce, c’est sa propre faute, mais s’il s’humilie pour se repentir et accepter la grâce du pardon des péchés, c’est l’œuvre de Dieu et sa puissance.
Le réveil
L’endurcissement est un état de l’âme dans lequel une personne a fermé son cœur à la Parole de Dieu et à la voix de sa conscience qui l’avertit du péché. Très souvent, l’endurcissement est permanent et définitif. Il faut une œuvre rare et grandiose de Dieu pour réveiller celui qui a endurci son cœur. La parabole de Jésus sur le fils prodigue (Luc 15, 14-16) en est un excellent exemple.
Lorsque Dieu arrête une personne, celle-ci réalise à quel point elle est pécheresse et mauvaise. En fait, elle se rend compte qu’elle n’a pas seulement commis des péchés individuels, mais que toute sa vie est dans l’erreur (mauvaise), car la Bible enseigne : « De fait, la personne qui obéit à toute la loi mais qui pèche contre un seul commandement est en faute vis-à-vis de l’ensemble. » (Jacques 2:10). L’anxiété et la détresse s’emparent alors de l’esprit de la personne, qui se met à chercher la paix. Cela signifie que le Dieu de miséricorde l’attire à lui.
Mais en plus de la détresse causée par le péché, elle commence à se sentir attirée par le Sauveur et espère que, malgré tout, le Sauveur ne la rejettera pas.
« J’ai péché contre toi, contre toi seul, j’ai fait ce qui est mal à tes yeux. C’est pourquoi tu es juste dans tes paroles, sans reproche dans ton jugement » (Psaumes 51, 6).
« C’est pourquoi il est dit: « Réveille-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et Christ t’éclairera.» » (Ephésiens 5, 14).
« Tu mets devant toi nos fautes, et ta lumière éclaire nos secrets » (Psaumes 90, 8)
Cette détresse face au péché et l’aspiration à la grâce devant Dieu s’appellent le réveil.Il est essentiel de comprendre qu’on ne peut pas se repentir par sa propre décision et quand on le souhaite. La repentance n’est possible que si la conscience est éveillée à son état de péché. Jésus a dit : « Personne ne peut venir à moi, à moins que le Père qui m’a envoyé ne l’attire » (Jean 6, 44).
Comment puis-je éviter l’endurcissement ?
Un homme endurci méprise la bonté de Dieu. Paul écrit aux Romains : « Ou méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa générosité en ne reconnaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à changer d’attitude? » (Romains 2, 4)
Une personne dont la conscience est éveillée n’est plus dans un état d’endurcissement, mais elle a encore besoin de se repentir. Ce n’est pas pour rien que la Bible l’appelle à la repentance lorsqu’elle entend l’appel de Dieu. Si une personne repousse continuellement la repentance, son cœur peut s’endurcir. C’est pourquoi il est nécessaire de réitérer les premiers mots qui sont répétés pas moins de deux fois dans le troisième chapitre de l’épître aux Hébreux : « aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre cœur ».
Priez pour obtenir la grâce de la repentance et la puissance de recevoir la bénédiction de l’Évangile au cours de votre temps de la visitation. Soyez obéissants à l’appel de Dieu. Lorsque le sang expiatoire de Jésus nous purifie de tout péché, nous expérimentons la foi comme une force vivante dans notre vie quotidienne. Nos cœurs restent ouverts et sensibles à la parole de Dieu. Nous sommes protégés par la vraie foi. L’unité dans le royaume de Dieu est notre joie et notre protection contre les tentations du monde.
Auteur : Risto Saulio, édité par Antti Halonen
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